Les maîtres du sexe (saison 1)

États-Unis – Série télévisée
Les maîtres du sexe (saison 1)
Une série télévisée de Michelle Ashford

https://ici.tou.tv/masters-of-sex

https://play.google.com/store/tv/show?id=S6C0Bu2T8Dg&cdid=tvseason-on0Z8_pEsfc&gdid=tvepisode-fUmUv3cNqSE

Dans la situation actuelle, la réalité familiale se juxtaposant aux obligations professionnelles, mes choix culturels se concentrent surtout autour de la musique, qui est plus facile à jumeler au reste.  Les activités les plus accessibles et les plus enrichissantes pour réfléchir aux relations humaines sont celles qui demandent aussi le plus de temps, soit les livres et les séries télévisées.

En un sens, il y a un parallèle intéressant à faire entre l’accès aux richesses de la culture et celle des relations : les deux demandent du temps avant de donner accès à leurs trésors véritables.

La première saison des « Maîtres du sexe » (« Masters of Sex ») se laisse courtiser : la série est longue à démarrer, les premiers épisodes présentent une danse hésitante entre les deux protagonistes principaux. Puis, au fur et à mesure que les épisodes passent, la variation des thématiques abordées s’accélère : homosexualité, orgasmes féminins, simulation du plaisir, partenaires multiples, adéquation sexuelle des partenaires, mariages malheureux et couples mal assortis, autosatisfaction sexuelle chez les femmes, etc.

À la base, la série raconte la rencontre entre le Dr William Masters, gynécologue, et Virginia Johnson, mère monoparentale qui cherche à intégrer le monde de la médecine, ainsi que les développements qui s’ensuivent. Leur collaboration – fondée sur « l’anatomie et la physiologie de la réponse sexuelle humaine basées sur l’observation directe » ( Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Masters_et_Virginia_Johnson )  – débute à la fin des années 50. Les travaux qui en découlent permettant notamment une meilleure connaissance des mécaniques de la sexualité, pavant ainsi la voie à la libération sexuelle des décennies suivantes.

Le message de cette série est fort simple, comme Virginia Johnson le rappelle à différentes occasion :  « Le sexe et l’amour peuvent être des réalités distinctes ». Les jeux relationnels entre les différents personnages illustrent ce précepte à chaque épisode. Même si les dogmes politiques, professionnels et religieux de l’époque poussent les personnages à pratiquer l’adultère pour conserver leurs familles tout en vivant leur vie sexuelle, il est intéressant d’utiliser le cadre actuel des relation non-monogames éthiques pour analyser le récit proposé.

Peut-on aimer son conjoint en l’absence de relation sexuelles assidues? Est-il possible d’avoir des relations sexuelles passionnées avec des amis de passage, voire des inconnus? La série permet de réfléchir à ces questions, mais pas nécessairement de trouver toutes les réponses, puisque les notions éthiques liées à ces questions ne disposent pas du contexte nécessaire pour s’incarner.

La série en tant que tel bénéficie d’un traitement léché à l’américaine : un jeu juste, mais un peu terne, une direction artistique où rien ne dépasse, où chaque chose est rangée à sa place, où seuls les éléments propres à l’intrigue ou à son arrière-plan se trouvent dans l’image.

Bref, si la série – la saison 1 à tout le moins, je n’ai pas encore écouté les autres – manque sans doute un peu de piquant, son approche « rétro-scientifique » des thématiques et des enjeux qui nous sont chers valent le détour, que vous soyez du genre à vous laisser courtiser un épisode à la fois ou à dévorer avec passion la saison toute entière en quelques jours.

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