Unicornland

New York (É-U) – Websérie
Unicornland
Une websérie de Lucy Gillespie et Nick Leavens

http://www.unicornlandseries.com/

Unicornland fait partie des créations liées à cette nouvelle génération du web, du clip, de l’instantané… de la nouvelle littéraire qui fait son cinéma. Complément aux essais sur les modes de vie alternatifs, c’est une série capable de présenter, à chaque épisode, en enjeu précis,  utilisant la surprise et l’art de la chute pour démontrer une des conséquences pouvant en découler. Le résultat, court, facile d’approche, gratuit et facilement trouvable en ligne, est un outil incontournable pour s’initier aux mécaniques relationnelles de la diversité sexuelle.

La prémisse de base, c’est l’histoire d’Annie, new-yorkaise fin vingtaine qui décide d’explorer sa sexualité. Son choix n’est pas anodin : elle choisit délibérément d’entrer en relation non pas avec des hommes ou des femmes, mais plutôt des couples, adoptant du coup la posture de cette créature de légende, la licorne. Saint-Graal du couple, la licorne sacrée, c’est cette femme qui entre au service de deux autres personnes et qui jure de les aimer également, de n’avoir du sexe qu’avec eux deux, de se dédier corps et âme à leur bonheur mutuel… et qui finit souvent par disparaître peu de temps après, les mythes étant ce qu’ils sont, éphémères, et la réalité de l’imperfection humaine étant plus cruelle encore.

Les épisodes explorent certains des défis associés à un tel rôle :

– la personne qui attire une licorne dans un couple pour combler ses besoins personnels, son partenaire qui l’accompagne pour lui faire plaisir, allant à contre-courant de ses besoins et de ses peurs profondes;
– le couple soudé qui accueille la licorne pour un temps limité, puis la jette sans cérémonie aussitôt que ça lui plaît;
– la façon d’approcher une licorne dans un lieu (un bar) associé aux rencontres;
– la simulation de l’orgasme;
– les jeux de rôles liés à l’adultère;
– L’inégalité des sentiments amoureux dans une relation à trois;
– les règles du couple auxquelles doit se soumettre la licorne, sans avoir été consultée ou informée au préalable;
– Le regard des hétérosexuels et des homosexuels sur les bisexuels;
– la pratique du BDSM et les enjeux de sécurité qui y sont liés;
– L’anxiété.

Bien sûr, cette exploration se traduit essentiellement par un coup d’oeil, un aperçu, l’introduction d’une problématique. Tous les épisodes, qu’ils durent 3 ou 10 minutes, valent leur pesant d’or. Le scénario est cohérent, le rythme est fluide, les visuels sont beaux, les actrices et acteurs jouent leur rôle à merveille. Les deux premiers épisodes sont les plus clairs, les plus faciles d’approche. Au final, l’ensemble des épisodes présentent des situations ou des notions qui doivent être approfondies autrement pour révéler toute leur profondeur.

J’ai apprécié avoir eu l’occasion d’écouter « Unicornland » en ayant en tête les notions découvertes dans l’essai « More than Two » – bible du polyamour sur laquelle je ferai une chronique éventuellement. Le polyamour est une pratique qui nécessite de nombreux outils et un temps d’apprentissage conséquent, et d’avoir accès aux mises en situation de cette websérie après avoir lu sur le sujet est précieux.

Je reviendrai sur la question des « guides pratiques » au courant de prochaines chroniques. D’ici là, la série vaut le détour : je vous conseille de l’écouter et de la réécouter tout au long de vos apprentissages, afin de pouvoir en saisir toutes les subtilités et la richesse des enjeux. Et si vous pouvez la partager avec une ou – qui sait? – plusieurs autres personnes en même temps, c’est d’autant plus intéressant.

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