Au 5, de M.P. Boisvert

Québec – Livre
Au 5e
M.P. Boisvert
La Courte Échelle
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QUATRIÈME DE COUVERTURE

« Alice, Gaëlle, Camille et Simon vivent ensemble au cinquième étage d’un immeuble de Sherbrooke. Camille, Gaëlle et Alice ont une relation toutes les trois, et cette dernière est en relation avec Simon également. Or, voici qu’un cinquième locataire s’ajoute, Éloi, qui est l’ex d’Alice et qui, progressivement, se montrera intéressé par Simon. Bienvenue au 5e?! »

POURQUOI CETTE SUGGESTION?

Je l’avoue, j’ai jonglé avec plusieurs possibilités pour cette première suggestion culturelle. Je voulais commencer à quelque chose qui, tout en étant local, embrasse à fond le sujet qui nous intéresse. Merci donc et à Marc Decourt de m’avoir fait découvrir ce livre, et pardon à mes proches qui l’ont lu et qui ont hâte de découvrir ma prochaine suggestion. 😉

« Au 5e », c’est ce roman qui se passe à Sherbrooke, cet appartement peuplé des femmes et d’hommes qui élargissent les cadres traditionnels des relations sur lesquels la société se repose. Alors que les familles nucléaires éclatent, se recomposent (ou pas | https://www.latribune.ca/actualites/le-fil-groupe-capitales-medias/de-plus-en-plus-de-canadiens-en-couple-ne-vivent-pas-ensemble-cb42054771753c2d01fe105cf24c43bb), puis se décomposent en individus vieillissants, isolés ou recasés en maison de retraite ou en CHSLD, des individus osent forcer la mise en s’assembler en petites tribus.

C’est un peu le sujet du roman « Au 5e » de M.P. Boisvert. C’est aussi, dans une forme parallèle, le projet de la maison Le Havre, démarré à l’automne dernier ( https://www.latribune.ca/actualites/la-vie-en-communaute-dans-toute-sa-simplicite-fa14036b59c0fce0f4cec7f1219731b9 ).

Le polyamour et la cohabitation, pris séparément, sont déjà des enjeux complexes. Est-il possible de les jumeler, de les fusionner? L’utopie du vivre ensemble, trempée dans l’optimisme et la joie de vivre des années 70 est-elle possible?

« Au 5e » aborde cette question de front : si tout le monde au 5e a la responsabilité de maintenir une cohabitation saine, c’est par la volonté d’Alice que le tout tient en place. C’est elle qui comble la place vacante en y attirant Éloi, un de ses ex partenaires de vie. Habituée à dormir dans le chambre de l’une et de l’autre, elle ne pourra pas faire de même avec Éloi, qui lui tisse des relations qui lui sont propres à l’intérieur et à l’extérieur de la tribu du 5e.

Au-delà d’Éloi, la question de la famille traditionnelle se pose : quand des fêtes, des décès ou d’autres rituels sociétaux appartenant à des cercles familiaux élargis se produisent, qui accompagne qui? Faut-il former un couple? Amener un partenaire différent à chaque fois? Amener tout le monde? Ou y aller tout seul, vu que c’est plus simple comme ça? Et encore, que va-t-on faire quand il y aura des enfants?

Ce que j’aime du 5e, c’est cette abondance de questions qu’il soulève, ce phénomène de mouvance qu’il met en évidence. Tout bouge, tout change, tout se transforme.

Si vous ne l’avez pas lu, je vous le conseille : c’est un excellent point de départ pour la réflexion, sur le polyamour bien sûr, mais aussi sur cette utopie du vivre ensemble qui habite certaines et certains d’entre nous, à l’époque où la crise du logement sévit, à l’époque où nous vivons de plus en plus isolés, seuls chacun chez soi.

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